Viande in vitro : panacée contre le réchauffement climatique ou cocktail aux hormones indigeste ?

Jean-François Hocquette, chercheur à l’unité mixte sur les herbivores de l’Inra, explique le processus de fabrication de la viande de laboratoire : des cellules non différenciées, qui peuvent être des cellules souches, sont prélevées et placées dans des boîtes de culture elles-mêmes installées dans un incubateur à 37 degrés. Le milieu de culture contient du sérum de veau fœtal, afin d’apporter un cocktail de nutriments et d’éléments indispensables à la multiplication des cellules – notamment des acides aminés et des hormones de croissance permettant la fabrication de protéines. « Le hic, c’est que les implants hormonaux sont justement interdits en Europe pour les animaux d’élevage ».

Antibiotiques et fongicides sont également nécessaires pour prévenir le développement de bactéries et de champignons. Il faut aussi tapisser les boîtes de Petri d’un biomatériau, du collagène par exemple, pour ancrer les cellules sur le support et permettre leur multiplication et leur différentiation optimale. Après quelques semaines, les cellules sont finalement grattées et forment alors une sorte de steak haché.

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